Exposition aux plastifiants : Quels risques pour la santé des enfants ?

Rédigé le 12/03/2021


Les additifs présents dans les plastiques, en particulier les phtalates, peuvent avoir un impact sur la santé des enfants.

C’est l’objet du projet TENDR (Targeting Environmental Neuro-Development Risks soit en Français “Cibler les risques environnementaux du neurodéveloppement”) porté par le département “Environmental Health Sciences Center” de l’Université de Davis en Californie et rassemblant des scientifiques et des professionnels de santé. Ce projet scientifique vise à mettre en lumière les dangers de l’exposition des enfants à des polluants neurotoxiques.

 

Le danger des phtalates

 

Les plastifiants sont les principaux additifs utilisés dans les plastiques pour en améliorer les propriétés mécaniques (flexibilité, résistance...). Plusieurs phtalates sont déjà identifiés comme hautement préoccupants pour la santé publique.

Les effets perturbateurs des phtalates sur le système endocrinien ont été largement rapportés et les éléments accumulés par l’étude de cohortes humaines et animales montrent que l'exposition aux phtalates pourrait nuire au développement neurologique.

 

Si la relation de cause à effet directe et le mécanisme d'action des phtalates sur le développement neurologique n'ont pas été formellement établis, des publications récentes ont montré que les phtalates (notamment le DBP, le DiNP, le BBP) perturbent l'expression des récepteurs d'œstrogène et altèrent la neurogenèse dans le cerveau des poissons zèbres au stade embryonnaire.

 

Les résultats d’études in-vitro montrent également que les neurones humains dérivés de cellules souches exposées aux phtalates ont subi des cassures de l'ADN. Les phtalates présentent un effet neurotoxique au niveau des neurones humains, en perturbant l'expression des récepteurs d'œstrogènes.

 

Les composés chimiques constituant les plastiques, en particulier les phtalates présentent un donc risque pour le cerveau en développement des enfants. Il est donc urgent de prendre des mesures pour limiter leur exposition aux phtalates et idéalement de l’éliminer totalement. Il y a aujourd’hui suffisamment de preuves pour nous inquiéter de l'impact des phtalates sur le développement du cerveau chez l'enfant.

 

Des produits chimiques neurotoxiques

Plusieurs études ont déjà établi des liens entre les phtalates et l'obésité infantile, l'asthme, les problèmes cardiovasculaires, certains cancers et les problèmes de reproduction tels que les malformations génitales et les testicules non descendus chez les bébés garçons ou les faibles taux de spermatozoïdes et de testostérone chez les hommes adultes.

Un rapport indique également des liens avec des signes d'agressivité, de réactivité émotionnelle, de déficits de l'attention avec hyperactivité (TDAH), après exposition aux phtalates.

 

Des produits chimiques omniprésents

 

Les phtalates sont présents en fortes concentrations dans des centaines d'articles, dans les jouets en plastique bien entendu mais également dans les produits de soins tels que les shampoings et les lotions, et dans de nombreux produits de construction, décoration et rénovation ainsi un sol en PVC peut contenir jusqu’à 40 % de DEHP.

 

Un risque accru lors des premiers jours de la vie

Contrairement aux métaux toxiques tels que le plomb, le cadmium et le mercure, les phtalates sont métabolisés et sont éliminés rapidement de l'organisme une fois l'exposition supprimée.

Le problème, est qu'une fois que le cerveau en développement du fœtus ou d’un jeune enfant a été impacté, le mal est fait.

 

Mise en évidence des phtalates dans l’organisme

Les phtalates sont mesurés dans l'urine, le sang, les cheveux et le lait maternel des humains.  Les niveaux les plus élevés sont chez les femmes et les enfants de 6 à 10 ans.

 

Cette observation chez les enfants pourrait s’expliquer parce qu’ils touchent des objets fabriqués avec des phtalates et des surfaces recouvertes de poussière de phtalates et que leurs mains se retrouvent plus fréquemment dans leur bouche.

 

Le RES (Réseau Environnement Santé en France) à l’instar de TENDR a lancé l’opération « zéro phtalates » et réalisé une campagne de sensibilisation à ce problème par l’analyse de cheveux et a mis en évidence la présence de phtalates dans l'organisme de la cinquantaine de personnes testées, dont principalement le DEHP, le DiNP et  DiDP.

 

De plus, l'analyse des cheveux permet d’obtenir une information sur son exposition au cours les trois derniers mois et éventuellement de déduire l’origine de cette contamination.

 

Quelles sont les solutions pour limiter l’exposition aux phtalates ?

 

Le projet TENDR appelle à l'élimination de toute la famille des phtalates dans les produits qui entraînent l'exposition des femmes enceintes, des femmes en âge de procréer, des nourrissons et des enfants.

 

Cela a été le cas avec le bisphénol-A (BPA), ce plastifiant perturbateur endocrinien utilisé depuis les années 1960 et qui a été retiré des biberons par les industriels en 2009 avant que la FDA (Food and Drug Administration) ne l’interdise définitivement en 2012.

 

Avant leur éventuelle interdiction, il est dès à présent possible de limiter son exposition aux phtalates en éliminant le plastique de son quotidien.

 

Les femmes enceintes sont particulièrement concernées par ce problème mais pour l’instant, les consultations prénatales ne prennent pas encore suffisamment ce sujet en considération.

 

Pour évaluer son exposition aux phtalates et mesurer l’efficacité des actions préventives mises en place, il est recommandé de compléter son analyse de cheveux en réalisant une analyse de la poussière à son domicile et/ou à son travail.

 

Quelles actions aux Etats-Unis ?

 

D’autres produits toxiques comme les PFAS (polyfluoroalkyles) sont reconnues pour être des perturbateurs endocriniens et pour avoir des effets sur le développement cognitif des enfants. Ces produits chimiques sont utilisés comme antiadhésifs (Teflon) et imperméabilisants (Gore-Tex).

Avec les phtalates, ils font l’objet d’une pétition soumise l'année dernière par le Fonds de Défense de l'Environnement qui a demandé à la FDA de prendre en considération les "effets cumulatifs" de plus de 10 000 produits chimiques autorisés.


Screening Organique Cheveux

L'analyse de cheveux en laboratoire permet de mesurer l'exposition aux polluants organiques. Commander votre Test