Exposition aux PCB : Quelles sont les situations à risque ?

Rédigé le 17/04/2021


Les Poly-Chloro-Biphényls (PCB) sont des molécules de synthèse utilisées dans de nombreuses applications industrielles jusqu’à leur interdiction en raison de leur toxicité et de leur caractère très persistant dans l’environnement.

Considérées comme substance très préoccupante pour la santé et l’environnement, les autorités sanitaires recommandent de limiter au maximum ces substances extrêmement nocives pour l’Homme.

Interdit depuis les années 1970 aux Etats-Unis et 1980 en Europe, l’Homme y est aujourd’hui exposé principalement par son alimentation. Cependant certaines activités industrielles continuent d’émettre ces polluants très toxiques.

 


Quelles ont été les principales utilisations des PCB ?

Les PCB sont des composés chimiques organochlorés de la famille des biphényls.

En fonction du nombre et de la position des atomes de chlore, il existe exactement 209 congénères possibles. Commercialisés sous les noms de pyralène ou aroclor, les formulations ne contiennent pas tous les congénères mais un nombre restreint qui représente plus de 95% des PCB produits.


En raison de leurs propriétés d’isolant électrique et d’additif ignifuge (retardateur de flamme), ils sont utilisés depuis les années 1930, en particulier dans : 

  • Les installations électriques telles que les transformateurs et les condensateurs
  • Les circuits de refroidissement et hydrauliques
  • Les huiles minérales
  • Les fours à micro-onde, certains adhésifs et peintures

Interdit en France depuis 1987, tous les matériaux contenant des PCB constituent un risque important pour l’Homme et l’environnement.
Aujourd’hui c’est la gestion des déchets qui pose encore un gros problème d’émission de ces substances toxiques. 

 


Quelles sont les principales sources d’exposition aux PCB ?

En dehors d’une exposition liée à un environnement particulièrement pollué par les PCB, c’est l’alimentation qui constitue la principale source d’exposition aux PCB.

Les PCB sont très persistants dans l’environnement, c’est-à-dire qu’ils sont très stables et que leur dégradation est extrêmement lente. Cette propriété favorise leur présence dans tous les compartiments de notre environnement, des profondeurs des océans jusqu’au sommet des plus hautes montagnes.
Une fois ingérés par un organisme vivant, les PCB sont difficilement métabolisés, c’est-à-dire difficilement  transformés par l’organisme pour être éliminé dans les urines.

Les PCB sont lipophiles, ils sont solubles dans la graisse et se fixent durablement dans les tissus graisseux  et s’y accumuler avec le temps. Ils vont ainsi remonter la chaîne alimentaire jusqu’à l’Homme.
Les poissons à chair grasse de grosse taille (thon, saumon…), les viandes grasses, les produits laitiers et les œufs sont les aliments les plus contaminés. Leur consommation constitue la principale source d’exposition alimentaire.

Les autorités recommandent aux femmes enceintes ou allaitantes de limiter leur consommation de poisson à chair grasse.

 


Quelles sont les activités industrielles qui émettent des PCB ?

Avant leur interdiction, les principaux producteurs de PCB étaient l'Autriche, la Chine, la Tchécoslovaquie, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Japon, l'ex-URSS, l’Espagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.
Les sites de production sont potentiellement fortement pollués par ces produits chimiques.

En dehors de cette pollution dite historique, les émissions de PCB sont principalement liées aux traitements des déchets contenant des PCB.

 


La combustion des déchets dans les incinérateurs.

Comme ils résistent à des températures très élevés, ils ne sont pas détruits lors de l’incinération des déchets. Ils sont diffusés dans l’environnement avec les fumées d’incinération, aujourd’hui traités avec des systèmes de filtration performants.

La règlementation Européenne impose le contrôle des émissions de PCB et la conformité à des seuils d’émission définis. Ces contrôles sont réalisés par les autorités et des « autocontrôles » sont également demandé aux industriels.

Vivre à proximité d’un incinérateur et sous les vents dominants peut exposer les riverains aux PCB.

La décontamination des équipements industriels

Très utilisés dans les installations électriques pour leurs propriétés d’isolant électrique et ignifuges, les PCB sont présents en quantité très importantes dans ces équipements et présentent un risque de pollution très élevé.

Les règlementations sont très lourdes pour les entreprises spécialisées dans le traitement de ce type de déchet.

Elle n’a cependant pas évité une pollution importante des environs de la société APROCHIM du groupe CHIMIREC spécialiste du traitement de déchets dangereux situé dans la Mayenne entre Laval, Le Mans et Angers.

Vivre à proximité d’un site de traitement de déchets contenant des PCB peut exposer les populations riveraines si l’entreprise ne respecte pas les normes d’émission ou lorsqu’un accident industriel se produit et diffuse des quantités importantes de PCB dans l’environnement.

La gestion des sols pollués.

Les sols contaminés par les PCB à une teneur supérieure 1 mg/kg (somme des concentrations de 7 PCB, PCB28, PCB52, PCB101, PCB118, PCB138, PCB153, PCB180) sont considérés comme pollués.
Ils doivent être stockés dans des installations spécifiquement prévues pour la gestion des déchets dangereux et non-inertes.

Vivre dans un bâtiment (habitation ou lieu de travail) construit sur un sol pollué par les PCB expose les occupants aux PCB via l’inhalation de poussières contaminées ou par ingestion d’aliments produits sur un sol contaminé.

Le recyclage des matériaux.

Certains matériaux mis en décharge publique contiennent des PCB mas ne sont pas forcément identifiés comme tels. Ils peuvent ainsi entrer dans les circuits de recyclage s’inscrivant dans une démarche de développement durable.

Les matériaux en plastique peuvent contenir des retardateurs de flamme comme des PCB. Ils peuvent ainsi être réutilisés pour produire de nouvelles matières plastiques favorisant la diffusion des PCB dans notre environnement quotidien.

Le recyclage des métaux dans des installations avec des broyeurs à métaux constitue également une source de pollution environnementale par les PCB comme cela a pu être constaté en Belgique par les autorités sanitaires Wallones.

Les investigations de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA) a ainsi démontré une contamination aux PCB des aliments destinés à l’alimentation animale dans des exploitations agricoles situés à proximité du broyeur à métaux de la société COMET-SAMBRE situé à Obourg à proximité de Mons.

Cette problématique concerne tous les broyeurs à métaux et sur le territoire Belge notamment pour :

  • Site COMET SAMBRE à MONS (Obourg)
  • Site COMET SAMBRE à CHATELET
  • Site DERICHEBOURG BELGIUM à CHARLEROI (Marchienne-au-Pont)
  • Site KEYSER ET FILS à COURCELLES
  • Site ECORE BELGIUM à AUBANGE
  • Site BELGIAN SCRAP TERMINAL WALLONIE (BST) à ENGIS
  • Site DUBAIL à NAMUR (Beez)

Des délais ont été accordés à ces entreprises pour satisfaire aux normes d’émission concernant notamment les PCB et les métaux lourds.
 


Comment mesurer son exposition aux PCB ?

Les PCB présents dans l’organisme s’incorporent dans la structure des cheveux lors de leur synthèse dans le cuir chevelu. Ils portent ainsi la trace de l’exposition quotidienne aux PCB et l’analyse de chaque centimètre de cheveux fournit des informations sur l’exposition moyenne sur une période de 1 mois.
Le taux de PCB dans les cheveux est un indicateur du niveau d’exposition d’une personne.

L’analyse de cheveux est très bien adaptée à l’évaluation de l’exposition aux PCB et a été utilisé pour de nombreuses études scientifiques visant à établir les niveaux d’imprégnation des populations.

Pour être exhaustive, l’analyse doit à minimum porter sur les 6 PCB Indicateurs et les 12 PCB Dioxin-Like et idéalement sur la liste des 32 principaux PCB incluant les PCB Indicateurs et les PCB DIoxin-Like.
 


Analyse PCB Cheveux

Analyse de l’exposition aux PCB. Test réalisé en laboratoire.
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