Perturbateurs Endocriniens



Des polluants qui, même à faible dose, ont des effets majeurs sur la santé

Selon l’OMS, un perturbateur endocrinien est “une substance ou un mélange de substances, qui altère les fonctions du système endocrinien et de ce fait induit des effets néfastes dans un organisme intact, chez sa progéniture ou au sein de (sous)-populations".


Les hormones et le système endocrinien


Il existe deux moyens de communication dans l’organisme : le système nerveux et le système endocrinien.

Les hormones sont les messagers chimiques de l’organisme qui contrôlent de multiples fonctions dont la croissance, la reproduction, la fonction sexuelle, le sommeil, la faim, l’humeur et le métabolisme.

Les hormones sont produites par les glandes endocrines :

  • Hypophyse
  • Hypothalamus
  • Epiphyse
  • Thyroïde
  • Parathyroïde
  • Thymus
  • Surrénales
  • Pancréas
  • Ovaires
  • Testicules

L’hypophyse et l’hypothalamus agissent comme des chefs d’orchestre du système endocrinien en contrôlant et en régulant (production/élimination) les taux d’hormones dans le sang.


Quels sont les mécanismes d’action des perturbateurs endocriniens ?

Les hormones sont présentes en très faibles concentrations, de l’ordre de quelques nanogrammes par litre de sang (1 g = 1 000 000 000 ng, partie par milliard ppb).

Les récepteurs hormonaux des cellules sont extrêmement sensibles et spécifiques. Pour cette raison, les perturbateurs endocriniens sont capables d’interagir avec le système hormonal à partir de très faibles doses d’exposition.


“Pour les perturbateurs endocriniens ce n’est pas la dose qui fait le poison mais la simple présence à l’état de traces”

Les perturbateurs endocriniens ont généralement des relations “non-monotones” entre la dose et les effets sanitaires.
Ce qui signifie que les très faibles doses peuvent avoir des effets beaucoup plus importants que ceux observés pour des doses plus élevées.



 Les principaux mécanismes d’action des perturbateurs endocriniens identifiés à ce jour concernent le contrôle, la production et la distribution des hormones dans l’organisme :

  • Mimétisme des hormones naturelles : Action directe sur les récepteurs cellulaires spécifiques des hormones. Simulant ainsi l’action de l’hormone naturelle sur les cellules au mauvais moment et avec une réponse excessive.
  • Compétition avec l’hormone naturelle : Blocage des récepteurs cellulaires spécifiques des hormones. Empêchant ainsi l’action de l’hormone naturelle.
  • Liaison avec les protéines du sang : Modifiant les quantités d’hormones naturelles actives présentes dans la circulation sanguine. En effet, dans le sang, les hormones naturelles sont soit libres et actives, soit liées aux protéines sanguines et inactives. Les hormones liées aux protéines constituent une réserve disponible pour une action hormonale rapide.
  • Action sur le métabolisme : Modifiant la régulation (synthèse et élimination) des hormones naturelles.

Cette liste n’est pas exhaustive car l’étude des mécanismes d’action des perturbateurs endocriniens est très récente et il reste encore beaucoup à découvrir sur ce sujet de santé publique.


Quels sont les principaux effets connus sur la santé des perturbateurs endocriniens ?

La période d’exposition aux perturbateurs endocriniens joue un rôle crucial. En particulier pendant :

  • Le trimestre avant la conception
  • Les 9 mois de grossesse (exposition in-utero)
  • Les 2 premières années de vie
  • La puberté

Les perturbateurs endocriniens peuvent affecter l’organisme longtemps après l’exposition.

Les principales pathologies associées aux perturbateurs endocriniens sont :

  • Précocité de la puberté (développement mammaires et menstruations).
  • Troubles de la reproduction, de la fécondité et de la fertilité (synthèse de la testostérone, spermatogénèse, maturation des ovules).
  • Troubles de la croissance et du développement.
  • Malformations génitales (hypospadias, micropénis).
  • Cancers, dont les cancers hormonodépendants (testicules, ovaires, seins, thyroïde, pancréas, prostate…) et tumeurs cérébrales (hypophyse et hypothalamus).
  • Altération du fonctionnement des glandes endocrines.
  • Troubles du comportement (hyperactivité).
  • Troubles sensoriels.
  • Obésité.
  • Trouble de la métabolisation du cholestérol en hormones stéroïdiennes (testostérone, estradiol, cortisol…).
  • Troubles immunitaires (défenses immunitaires affaiblies contre les virus et les bactéries).

Comment se protéger des perturbateurs endocriniens ?

La meilleure façon de se protéger des effets perturbateurs est de limiter son exposition au maximum.

EXPOZOM propose la recherche dans l'organisme des substances ayant un caractère de perturbateur endocrinien avéré ou suspecté.

Tester la présence de perturbateurs endocriniens dans son organisme est un moyen fiable pour :

  • Identifier les substances auxquelles l’organisme est exposé
  • Déterminer leurs origines pour pouvoir agir à la réduction de son exposition par leur élimination

L’effet des mélanges de plusieurs perturbateurs endocriniens est souvent bien plus nocif que la somme de leurs effets individuels. C’est pourquoi il est recommandé de rechercher un éventail de substances aussi large que possible.

Une liste de perturbateurs endocriniens prioritaires a été élaborée à partir des informations obtenues auprès des autorités de santé nationales (ANSES, US EPA, SANTE CANADA), internationales (OMS, ECHA) et indépendantes (TEDX).

Dans notre environnement quotidien, les principaux perturbateurs endocriniens sont :

  • Les additifs de plastique comme les phtalates et les bisphénols dont le bisphénol-A
  • Les additifs de produits ménagers tels que les alkyphénols
  • Les pesticides (DDT, chlorpyrifos, atrazine, 2,4-D, glyphosate)
  • Les retardateurs de flamme chlorés (PCB) et bromés (PBDE)
  • Les additifs alimentaires tels que le BHA (Hydroxyanisole butylé)  et le BHT (Hydroxytoluène butylé)
  • Les métaux lourds comme le cadmium, le mercure et le plomb
  • Les additifs perfluorés antiadhésifs de type Teflon (PFOA, PFOS)
  • Les agents de conservation (parabènes) et antibactériens (triclosan)
  • Les contraceptifs hormonaux
  • Les stérols végétaux